Ancien golf de Rosemère : intégrer au nouveau PMAD la protection du site
Dans le cadre de « Mémoires et commentaires écrits - PPMADR »
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Commentaire pour l’orientation 3 - Un Grand Montréal avec un environnement naturel, culturel, paysager et patrimonial mis en valeur.
Pour les raisons suivantes, je demande à la CMM de protéger au minimum 88,5 % du site de l'ancien golf de Rosemère, dans le but de le convertir en un parc écologiquement restauré, ouvert au public :
- La protection et la restauration du site de l’ancien golf à un minimum de 88,5% permettrait à la CMM de se rapprocher des cibles de protection et de restauration de 30% de son territoire et d’être en cohérence avec les orientations 1, 2, 4 et 5 des nouvelles OGAT qui entreront en vigueur en décembre 2024. L’annexe 2.1 des OGAT (p.119) indique que « les milieux naturels restaurés, créés ou faisant l’objet d’un projet de restauration ou de création » sont considérés comme étant des « territoires d’intérêt écologique sans statut de protection ou de conservation ».
- La population des Basses-Laurentides augmente de manière significative, mais la quantité d’espaces verts disponibles pour la population demeure limitée. À Rosemère, plus précisément, la densification prévue en lien avec le re-développement de la Place Rosemère entraînera une augmentation importante de la population, ce qui accroîtra les besoins en espaces verts pour la santé et le bien-être de la communauté. Situé en plein cœur de la ville, le site de l’ancien golf est l’endroit tout indiqué pour répondre à ces besoins.
- Le site de l’ancien golf de Rosemère rend des services écosystémiques importants à la population: il absorbe et emmagasine une quantité importante de GES, purifie l’air et favorise la résilience climatique en agissant comme un îlot de fraîcheur et en absorbant les fortes pluies. D’ailleurs, le nord du site de l’ancien golf était un véritable lac à la suite des pluies diluviennes du 9 août 2024 qui ont causé de nombreuses inondations. Si des parties du site étaient minéralisées, tous ces services bénéfiques seraient réduits avec des impacts négatifs sur les citoyen.ne.s.
- Le site de l’ancien golf de Rosemère est situé dans le domaine bioclimatique de l’érablière à caryer cordiforme qui est, de loin, le plus dégradé de tout le Québec et qui contient le plus grand nombre d’espèces menacées selon l’Atlas de la biodiversité du Québec.
- Depuis sa fermeture en 2018, la nature reprend ses droits sur ce territoire qui comprend différents types d'habitats pour la faune et la flore : des zones boisées, des prairies et des zones humides. Des plateformes spécialisées dans le recensement de la biodiversité telles que Mission Monarch, iNaturalist, eButterfly et eBird indiquent que plus de 850 espèces ont été répertoriées sur le site jusqu’à ce jour, dont 37 sont considérées comme étant vulnérables ou en péril comme le monarque et le martinet ramoneur.
- Par son rôle de corridor écologique entre le Parc de la Rivière-des-Mille-Îles, la rivière aux Chiens et la forêt du Grand Coteau, ce territoire pourrait, une fois écologiquement restauré, accueillir une plus grande variété d'espèces et jouer un rôle important pour le maintien et la restauration de la biodiversité de ce secteur.
- Construire sur des parties de ce site ferait en sorte de réduire les bienfaits des services écologiques rendus à la communauté qui est appelée à croître et à se densifier. Cela aurait aussi pour conséquence de faire fuir de nombreuses espèces qui habitent sur le site et qui ont besoin d’espace en retrait des zones résidentielles. Ces espèces utilisent le corridor écologique que constituent le Parc de la Rivière-des-Mille-Îles, le site de l’ancien golf de Rosemère, la rivière aux Chiens et la Forêt du Grand Coteau.
- La Presse a déjà révélé une contamination du sol de ce terrain au mercure et à l’arsenic, non conforme ‘’aux usages résidentiel et commercial projetés’’. La conservation de cet espace vert en parc écologiquement restauré est donc l’option la plus écologique et la plus sécuritaire pour la population.
Un rapport de la firme Habitat, réalisé en 2021 en collaboration avec le Fonds mondial pour la nature (WWF), révélait que « la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) perd ses écosystèmes plus vite qu'elle ne les protège» et que «si la tendance d’urbanisation se maintient, jusqu'à 36 % des milieux naturels restants dans la CMM auront disparu d'ici 2050». Ce rapport recommandait alors de conserver tous les milieux naturels restants et même d'en recréer, afin d'atteindre 25 % du territoire protégé. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1830783/ecosystemes-habitats-naturels-region-protection-metropole
Pour répondre à ce besoin, je demande donc à la CMM de profiter de cette opportunité unique que représentent les anciens golfs du territoire qui ont jusqu'à présent été "épargnés de l'urbanisation", et de protéger un minimum de 88,5 % du site de l'ancien golf de Rosemère, dans le but de le convertir en un parc écologiquement restauré, ouvert au public, avant qu'il ne soit trop tard.
