Déchets dangereux : protéger les citoyens, pas l'industrie
Dans le cadre de « Mémoires et commentaires écrits – Gestion des MDR »
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Pour Climat Québec, le principe de précaution doit prévaloir. La protection de l'environnement et de la santé publique doit passer avant les intérêts économiques des entreprises privées. Et les citoyens ont le droit à des données transparentes, à une gouvernance indépendante, et à des décisions qui reflètent véritablement leur intérêt collectif.
Force est de constater que ces principes sont loin d'être respectés dans le dossier de la gestion des matières dangereuses dans le Grand Montréal. Pourquoi la CMM a-t-elle confié son rapport de consultation à Stantec, une firme privée de génie-conseil qui entretient des relations d'affaires avec les industriels pollueurs ? Le résultat est révélateur. Le rapport Stantec, commandé par la CMM pour guider cette consultation, illustre un problème de gouvernance : lorsqu'on confie à des firmes privées le soin d'analyser les politiques publiques dans des domaines où ces mêmes firmes ont des intérêts commerciaux, on obtient des analyses tièdes, complaisantes, qui ne heurtent personne et ne protègent personne.
C'est dans cet esprit que Climat Québec participe à la présente consultation : pour mettre en lumière les lacunes, nommer les problèmes que d'autres évitent de nommer, et proposer des solutions concrètes dans une perspective de santé publique et de protection du territoire.
Climat Québec s'est attardé plus particulièrement au dossier de Stablex, qui est révélateur de l'ensemble. Un procédé défaillant documenté depuis 1989. Une localisation catastrophique en bordure d'une tourbière rare, près d'un esker de recharge en eau potable, dans le bassin versant d'un cours d'eau qui se jette dans la rivière des Mille Îles et le fleuve Saint-Laurent. Des données de contamination alarmantes ignorées par les autorités et même pire contestées au moyen d'une firme dont le président est un ancien de Stablex. Et une ville qui refuse d'utiliser son pouvoir politique pour contrer tout agrandissement de Stablex à Blainville et les outils municipaux pourtant à sa disposition, allant jusqu'à rejeter un projet de règlement de contrôle intérimaire déposé clé en main par les citoyens et Climat Québec.
Ce qui surprend peut-être le plus, c'est la position de la CMM elle-même. Loin de s'opposer à l'agrandissement de Stablex, elle appuie la mairesse de Blainville, Liza Poulin, qui préconise un agrandissement sur un autre site encore plus près des résidences. La CMM a même modifié son schéma d'aménagement pour faciliter cette expansion. Cette consultation ne semble donc malheureusement pas née d'une volonté de protéger les citoyens mais plutôt d'une volonté d’établir un rapport de force entre pouvoirs municipal et provincial.
C'est pourquoi la première et la plus fondamentale des recommandations de Climat Québec est que la CMM change de position et affirme publiquement son opposition à tout agrandissement de Stablex à Blainville. Les neuf autres recommandations portent sur les outils concrets disponibles : adoption du RCI, interdiction de l'importation de déchets toxiques chez Stablex par simple changement réglementaire, tenue d'un BAPE générique, caractérisation indépendante du site actuel, et établissement d'un portrait transparent de tous les sites problématiques du territoire métropolitain.
Le dossier Stablex n'est pas une exception : il est le miroir d'un système de gouvernance environnementale qui, depuis des décennies, protège les opérateurs avant les citoyens. Il est temps que la CMM choisisse son camp.
